NFB Journal Nutrition La ménopause : comprendre, anticiper et agir

La Ménopause, période importante de la vie de la femme

La définition

La ménopause est une étape physiologique normale dans la vie d’une femme, marquée par l’arrêt permanent des menstruations pendant au moins 12 mois consécutifs, lié à la chute progressive puis définitive des hormones ovariennes (œstrogènes et progestérone) selon la définition de l’OMS.

 

Chronologie hormonale de la ménopause

 

La progestérone baisse en premier

 

Dès la péri ménopause précoce (souvent 35–45 ans)

  • La progestérone dépend de l’ovulation, or, les cycles deviennent de plus en plus anovulatoires
  • Résultat :
    • Baisse progressive puis marquée de la progestérone
    • Œstrogènes encore présents, parfois fluctuants ou élevés

Conséquences cliniques précoces :

  • Syndrome prémenstruel aggravé
  • Irritabilité, anxiété
  • Troubles du sommeil
  • Mastodynies
  • Cycles irréguliers

➡️ On parle souvent de déséquilibre œstrogènes / progestérone plutôt que de déficit hormonal global.

Les œstrogènes chutent plus tard

 

Périménopause tardive → ménopause

  • L’estradiol (E2) devient :
    • très fluctuant
    • puis nettement déficitaire
  • La production ovarienne s’épuise.

Conséquences :

  • Bouffées de chaleur
  • Sueurs nocturnes
  • Sécheresse vaginale et cutanée
  • Perte osseuse accélérée
  • Prise de graisse viscérale
  • Augmentation du risque cardiovasculaire.

 

Les androgènes (testostérone, DHEA) diminuent lentement

Processus progressif dès 30–40 ans

  • Pas de chute brutale
  • Déclin lent mais cliniquement significatif

Conséquences possibles :

  • Baisse de la libido
  • Perte de masse musculaire
  • Fatigue
  • Diminution de la motivation et de la dopamine.

 

FSH et LH augmentent (marqueurs biologiques)

 

À l’approche de la ménopause

  • L’hypophyse tente de stimuler les ovaires
  • ↗️ FSH (souvent > 30–40 UI/L)
  • ↗️ LH

Ce sont des marqueurs, pas des causes des symptômes.

La ménopause commence par un déficit en progestérone, bien avant la chute des œstrogènes.
C’est pourquoi les premiers symptômes sont souvent neuro-émotionnels et du sommeil, avant les bouffées de chaleur.

Avant la ménopause : la périménopause

 

La périménopause est la période qui précède immédiatement la ménopause et peut durer plusieurs années. Pendant cette phase, les ovaires deviennent progressivement moins efficaces, ce qui entraîne une variabilité des niveaux hormonaux et des changements progressifs du cycle menstruel.

Signes précoces possibles :

  • Irrégularité des cycles menstruels
  • Bouffées de chaleur occasionnelles
  • Troubles du sommeil souvent liés aux fluctuations hormonales
  • Fatigue, variations de l’humeur, anxiété ou irritabilité
  • Sécheresse vaginale légère ou changements de libido

Ces signaux sont le reflet d’une réduction de la production d’œstrogènes bien avant l’arrêt définitif des règles.

Pendant la ménopause

 

Quand la ménopause s’installe, les baisses hormonales deviennent permanentes et entraînent des symptômes plus nets :

Symptômes fréquents :

  • Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes
  • Troubles du sommeil / Insomnie
  • Troubles de l’humeur, anxiété, irritabilité
  • Sécheresse vaginale et douleur lors des rapports
  • Troubles urinaires et incontinence
  • Gain de poids et modifications métaboliques
  • Fatigue persistante
  • Perte de densité osseuse (ostéoporose)
  • Modification de la peau et des cheveux
  • Diminution de la libido

Ces symptômes varient beaucoup d’une femme à l’autre, certains persistent plusieurs années après l’arrêt des règles.

Après la ménopause

 

La chute prolongée des hormones sexuelles a des conséquences systémiques qui vont bien au-delà des symptômes immédiats.

Ostéoporose

La baisse des œstrogènes diminue la capacité du corps à maintenir la densité osseuse, ce qui augmente significativement le risque de fractures, notamment au niveau de la hanche, de la colonne vertébrale et du poignet.

Maladies cardiovasculaires

Avant la ménopause, les femmes ont généralement un risque moindre de maladies cardiovasculaires que les hommes du même âge. Ce « avantage » disparaît après la ménopause, avec une augmentation progressive du risque d’athérosclérose, d’hypertension et de maladies cardiaques.

Troubles cognitifs et humeur

La transition hormonale peut être associée à des troubles cognitifs temporaires, des troubles de l’humeur ou une augmentation du risque dépressif, nécessitant une prise en charge adaptée.

Autres risques

Les tissus vaginal et urinaire deviennent plus fragiles et sujets à l’inconfort et aux infections, et certains changements du métabolisme peuvent favoriser une prise de poids ou une diminution de la masse musculaire.

Traitements médicaux : hormonaux et non hormonaux

 

Thérapie hormonale de la ménopause (THM)

La THM consiste à administrer des œstrogènes (souvent combinés à un progestatif) pour atténuer les symptômes climactériques et prévenir l’ostéoporose.


➡️ Dans une mise à jour importante, la FDA a récemment retiré des avertissements trop alarmants pour certains traitements hormonaux, reconnaissant qu’ils peuvent être sûrs et bénéfiques lorsqu’ils sont introduits avant 60 ans ou dans les 10 premières années après le début de la ménopause, si le profil de risque individuel est favorable.

Avantages : réduction des bouffées de chaleur, amélioration du sommeil, protection osseuse
Risques possibles : cancer hormono-dépendant, thrombose veineuse — généralement évalués au cas par cas avec un médecin.

Solutions non hormonales

Pour celles qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas recourir à des hormones :

  • Médicaments ciblés (certains antidépresseurs, clonidine, etc.) peuvent aider aux symptômes vasomoteurs.
  • Traitements locaux pour la sécheresse vaginale (lubrifiants, œstrogènes topiques)
  • Approches psycho-comportementales pour le bien-être émotionnel et le sommeil.

Approches préventives et stratégies de prise en charge

 

Nutrition adaptée

 

Un régime équilibré riche en micronutriments peut aider à :

  • Maintenir la densité osseuse (calcium, vitamine D, vitamine K2, magnésium)
  • Soutenir le métabolisme et le poids
  • Réduire l’inflammation systémique

 

Activité physique

L’exercice régulier (marche rapide, musculation, étirements) :

  • Augmente la force osseuse
  • Améliore l’humeur et le métabolisme
  • Réduit les risques cardiovasculaires

 

Hygiène de vie

Gestion du stress, bonne qualité de sommeil, et arrêt du tabac améliorent significativement la qualité de vie globale.

Suivi médical personnalisé

Un bilan régulier incluant densitométrie osseuse, profil lipidique, fonctions métaboliques et hormonales est recommandé pour adapter prévention et traitements.

 

En conclusion

 

La ménopause n’est pas simplement une « fin des règles », mais une transition physiologique majeure influençant la santé métabolique, osseuse, cardiovasculaire et émotionnelle. Une approche globale — combinant prise en charge médicale, nutrition, mode de vie et prévention — permet d’améliorer significativement le bien-être des femmes avant, pendant et après cette étape.

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